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A Bangkok, habitants et artistes créent une fresque participative dans le parc de Benjakitti. Couleurs et lignes dessinent la biodiversité urbaine et les interdépendances du vivant, et célèbrent les gestes d’attention partagés.


Line of Lives – Threads of Care
A Bangkok, l’urbanisation rapide grignote les milieux naturels. Les espaces verts cèdent du terrain aux infrastructures, accélérant l’érosion de la biodiversité et réduisant la capacité de la ville à faire face aux dérèglements climatiques. À mesure que le béton progresse, le lien au vivant se distend, fragilisant un équilibre essentiel au bien-être physique et mental.
Dans ce paysage en transformation, les parcs publics figurent parmi les derniers refuges où renouer avec la nature. Souvent sous-financés et cantonnés à une fonction récréative, ils constituent pourtant de précieux réservoirs écologiques. Longtemps considérés comme secondaires, les services qu’ils rendent à la ville – régulation thermique, absorption des eaux, qualité de l’air – apparaissent aujourd’hui indispensables face à l’intensification des défis environnementaux.
A Bangkok, moins de 7m2 d’espaces verts par habitant
artistes
participants
Au cœur de Bangkok, le parc de Benjakitti offre un espace de respiration et de cohabitation avec le vivant. Metis soutient l’initiative Line of Lives – Threads of Care, portée par AT EXCHANGE en partenariat avec la Bangkok Metropolitan Administration, gestionnaire du parc.
Deux ateliers réunissent quinze participants – habitants du quartier et usagers du parc. Ces temps d’échange permettent de partager des expériences concrètes du lieu, d’évoquer les enjeux de biodiversité urbaine et de réfléchir aux gestes de soin portés à l’espace public. En parallèle, quinze entretiens menés avec des visiteurs – coureurs, familles, personnes âgées ou promeneurs occasionnels – recueillent récits du quotidien et perceptions sensibles.
A partir de cette matière, trois artistes thaïlandais élaborent une proposition visuelle commune. Blue Dean mêle lignes précises et couleurs chaudes, traduisant le lien entre ville et nature ; Montemith s’inspire des imaginaires populaires thaïlandais pour construire des récits visuels ancrés dans le lieu ; Nong Pop, figure de la scène street art locale, insuffle énergie et positivité par les couleurs vives. L’œuvre prend la forme d’une création participative, traduisant les récits collectifs en un langage visuel unifié.
La création se déploie sur un mois, du dessin à la réalisation de la fresque dans le parc. Articulée autour des interdépendances du vivant et des gestes d’attention partagés, la fresque est inaugurée lors d’un événement public, et installée durablement, accessible à tous.