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A Conakry, en Guinée, des malvoyants inventent une autre manière de voir le monde : danse, arts plastiques et sensations tactiles transforment le handicap en énergie créative, invitant chacun à repenser la perception et l’inclusion.



Les malvoyants marginalisés
En Guinée-Conakry, des dizaines de milliers de personnes sont touchées par la cécité, souvent liée à des causes évitables comme la cataracte, dans un système de santé sous-équipé et chroniquement sous-financé. La situation des personnes aveugles et malvoyantes demeure marquée par de profondes inégalités et un accès restreint aux soins et à l’éducation spécialisés. Si des associations locales tentent d’améliorer l’accès à l’éducation, à l’emploi et à l’insertion sociale, l’inclusion dans l’enseignement et la vie professionnelle reste embryonnaire : rares sont les écoles dotées d’enseignants formés ou de matériel adapté, et beaucoup de personnes aveugles ou malvoyantes se retrouvent cantonnées à la mendicité ou à des activités informelles.
ateliers de danse
ateliers d’arts plastiques
présentations publiques
Au cours de cette initiative Metis, le collectif d’artistes Beeworkers développe à Conakry un projet de création inclusive qui interroge la perception et renouvelle le regard porté sur les handicaps visuels. Le projet s’ancre au Centre Sogué, lieu clé de l’accompagnement des enfants et adolescents malvoyants et aveugles, notamment à travers l’enseignement du braille.
Chaque semaine, deux ateliers de danse et un atelier d’arts plastiques y sont proposés. Fondés sur le ressenti, l’écoute et la perception du mouvement dans l’espace, ils déplacent le regard porté sur le handicap pour en faire une force créative. Le travail chorégraphique dialogue avec une exploration tactile et sensorielle du dessin et de la sculpture, enrichie par une sortie en forêt où sons, odeurs et textures nourrissent l’imaginaire. Les deux disciplines artistiques sont mobilisées de façon complémentaire pour expérimenter une créativité fondée sur la capacité à ressentir autrement. De ces ateliers naît une œuvre collective mêlant performance dansée, exposition de dessins et sculpture sur scène.
La restitution prend la forme de deux jours d’évènements invitant chacun à éprouver d’autres manières de percevoir et à changer de regard sur les handicaps visuels : une exposition à « voir » les yeux bandés, une représentation ouverte au grand public, réunissant près de 300 spectateurs, et une représentation dédiée aux partenaires institutionnels et associatifs.