Restons en contact !
L’actualité du Fonds Metis, directement dans votre mail !
A Lima, des femmes se réunissent pour faire entendre leur mémoire et leur luttes à travers le théâtre, faisant de la scène un espace de réparation et de transformation sociale.




Un territoire d’utopies
Villa El Salvador, au sud de Lima, a été fondée au début des années 1970 par des familles migrantes andines. Née de l’action collective et d’une aspiration à la justice sociale, son mode d’organisation pionnier a permis aux habitants de structurer leur territoire en auto-gestion, en coordonnant travaux collectifs, accès à l’éducation et aux services de santé. Longtemps citée comme un modèle de participation citoyenne, la ville est aujourd’hui confrontée à une urbanisation accélérée et à de profondes inégalités sociales et de genre.
En première ligne, les femmes assument le travail de soin et de solidarité. Elles animent les réseaux d’entraide, organisent les cuisines collectives, soutiennent les foyers les plus vulnérables, tout en demeurant peu visibles dans l’espace public. Exposées à des violences structurelles et à la dévalorisation de leurs activités, elles jouent pourtant un rôle central dans la cohésion sociale.
création théâtrale collective
représentations publiques
personnes touchées
Porté par le collectif Vichama Teatro, fondé il y a quarante ans et reconnu pour son engagement en théâtre communautaire, le projet s’ancre à Villa El Salvador aux côtés des Promotoras Legales y de Salud — collectif de femmes qui propose depuis 2008 un accompagnement juridique et sanitaire — et du lycée public República de Nicaragua.
Il réunit 25 femmes, de 18 à 60 ans, dont une dizaine d’agents communautaires de santé, engagées auprès de femmes victimes de violences, ainsi que 70 élèves du lycée, dont une vingtaine prend directement part au processus de création.
Des ateliers de corps, de voix et de mémoire invitent les participantes à revisiter leurs trajectoires, leurs expériences de violence et leurs pratiques de solidarité. Des parcours symboliques et des cartographies sensibles du quartier inscrivent ces récits dans l’espace vécu. En parallèle, le travail mené avec les lycéens ouvre un dialogue entre générations et prépare la création scénique partagée.
A partir des témoignages recueillis, le groupe élabore une œuvre collective : écriture des scènes et des dialogues, intégration de chants et de récits oraux, mise en forme dramaturgique assurée par Vichama Teatro.
La pièce donne lieu à trois représentations publiques, chacune prolongée par un forum d’échange consacré aux violences de genre, à la place des femmes dans le travail du soin et aux perspectives de transformation sociale.