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A N’Djamena, la danse devient un refuge face à la rue. Pour des jeunes marginalisés par la précarité et la violence, le mouvement et la création ouvrent un espace de reconstruction collective.



Des jeunes marginalisés
A N’Djamena, la capitale du Tchad, la précarité et l’insécurité frappent de plein fouet les jeunes vivant dans la rue. Privés de ressources, souvent exclus de l’école et éloignés des structures de soins, beaucoup sont acculés à des stratégies de survie quotidiennes, parfois marquées par la violence.
L’absence de dispositifs d’accompagnement complique toute perspective de réinsertion sociale ou professionnelle, renforçant les mécanismes d’exclusion. Relégués aux marges urbaines, ces adolescents incarnent les fractures économiques et sociales qui traversent la ville.
ateliers de danse, peinture et sculpture
enfants et adolescents mobilisés
représentations publiques
Le coupé-décalé, le hip-hop ou le ndombolo deviennent des voies de traverse : le chorégraphe et danseur Aleva Ndavogo Jude, fondateur de l’association Dakouna Espoir, accompagne des enfants et adolescents vivant dans la rue en faisant de la danse un outil d’expression, de reconstruction et d’émancipation.
Dans ce projet Metis, et aux côtés du sculpteur Mr Bego et du plasticien Gabin Reounodji, il met en place des ateliers mêlant danse et arts plastiques pour 45 jeunes en situation de grande précarité. Peu à peu, les corps se redressent, s’ancrent, occupent l’espace. Les participants explorent de nouveaux gestes, transforment leurs expériences en matière chorégraphique. En écho, le dessin, la peinture et la sculpture prolongent le mouvement : formes et couleurs donnent corps à des récits intimes, à des fragments de rue.
Le projet s’achève par une performance collective et la présentation des œuvres au cours d’une caravane artistique itinérante à travers plusieurs arrondissements. En investissant l’espace public, l’initiative rend ces jeunes visibles, affirme leur place dans la ville et fait de la création un levier de dignité et de reconnaissance.